Marché auto européen
koffi Angèle
| 31-08-2026

· Équipe de véhicule
Le marché européen des voitures neuves a enregistré son meilleur mois de 2026 en juin, avec 1,40 million d'immatriculations, soit une hausse de 13,0 % sur un an.
La plus forte contribution provient des véhicules électrifiés, et plus particulièrement des voitures 100 % électriques. Les immatriculations de VE ont bondi de 50,7 % en glissement annuel pour atteindre 359 300 unités, leur conférant une part de marché de 25,7 %, soit le niveau le plus élevé depuis le début de l'année 2026. Cela place les VE devant les hybrides légers en volume mensuel, juste derrière les véhicules thermiques conventionnels qui conservent une part de 27,0 %.
Les VE comblent l'écart
Les chiffres de juin illustrent la rapidité avec laquelle l'équilibre du marché européen se transforme.
Les immatriculations de véhicules thermiques ont chuté de 13,6 % sur un an pour s'établir à 378 500 unités, tandis que toutes les grandes catégories électrifiées ont progressé.
Les hybrides rechargeables ont augmenté de 24,2 % à 146 900 unités, les hybrides complets de 24,1 % à 185 600, et les hybrides légers de 12,2 % à 311 500.
Bien que les hybrides légers restent importants dans de nombreux pays, leur croissance est désormais nettement plus lente que celle des autres motorisations électrifiées.
Les VE deviennent de plus en plus le principal moteur de la croissance du marché, plutôt qu'une simple composante du mix d'électrification.
L'Europe avance à plusieurs vitesses
La transition reste inégale selon les régions.
L'Allemagne est demeurée le premier marché européen de voitures neuves avec environ 301 000 immatriculations en juin, en hausse de 14 %. La croissance a été portée par les VE, les hybrides rechargeables et les hybrides complets, alors que la demande en véhicules thermiques continuait de faiblir. Le Royaume-Uni est resté deuxième avec près de 191 000 immatriculations (+ 7 %), les VE constituant le principal levier de croissance, soutenus par les hybrides rechargeables. La France a atteint environ 169 000 immatriculations (+ 6 %), affichant un mix plus équilibré entre VE, hybrides complets et hybrides légers.
L'Italie a enregistré 149 000 immatriculations et l'Espagne 142 000. Ces deux marchés restent davantage tributaires des technologies hybrides, bien que la demande en VE et en hybrides rechargeables se renforce progressivement.
L'Europe du Nord et de l'Ouest continuent de mener l'adoption du tout-électrique, tandis que l'Europe du Sud et de l'Est demeurent plus dépendantes des systèmes hybrides comme étape intermédiaire.
Tesla reprend la tête
Tesla a retrouvé sa première place au classement des VE en Europe en juin. Ses immatriculations ont grimpé de 51,1 % sur un an pour atteindre 52 700 unités, portées principalement par les Model Y et Model 3.
Cependant, le paysage global devient beaucoup plus concurrentiel. Renault a bénéficié de la demande pour la Renault 5, le Scenic et la Renault 4, tandis que les iX1 et les nouveaux iX3 de BMW ont fortement contribué à sa croissance dans l'électrique.
Skoda a continué de tirer profit de l'Elroq et de l'Enyaq, et Kia a étendu sa gamme avec les EV3, EV4 et EV5. Mercedes-Benz a également gagné du terrain suite au lancement de sa CLA électrique.
Les marques traditionnelles résistent
Volkswagen est restée la marque la plus vendue en Europe toutes catégories confondues, avec 132 800 immatriculations (+ 1,4 %). Skoda a progressé de 9,5 % à 84 800 unités, BMW de 9,1 % à 81 700, et Toyota de 10,5 % à 80 000. Renault est restée globalement stable à 81 300 unités. Audi a figuré parmi les marques premium les plus performantes, avec une hausse de 11,1 % à 64 500 immatriculations. Mercedes-Benz s'est maintenue à 66 000 unités, Peugeot a grimpé de 4,8 % à 63 700, et Dacia de 7,3 % à 62 800. La Sandero continue de soutenir la position de Dacia comme l'une des marques généralistes les plus solides en Europe.
Les marques chinoises poursuivent leur expansion
Les constructeurs chinois ou détenus par des capitaux chinois ont également continué à gagner en visibilité.
BYD a presque doublé son volume cumulé de VE et d'hybrides rechargeables pour atteindre 38 300 unités.
MG a enregistré 38 500 immatriculations, tandis que XPeng, Leapmotor, Zeekr et Omoda/Jaecoo ont poursuivi leur développement à partir de bases plus modestes.
Leurs progrès accentuent la pression sur les constructeurs européens établis, notamment sur le segment des VE abordables.
La concurrence ne repose plus uniquement sur l'autonomie ou la technologie. Les prix, la disponibilité des modèles et la rapidité des lancements de produits deviennent tout aussi déterminants.
L'importance persistante des hybrides
Bien que les VE connaissent la croissance la plus rapide, les hybrides restent indispensables sur les marchés où les infrastructures de recharge, la fiscalité ou les préférences des clients rendent l'électrification totale plus difficile. C'est particulièrement visible en Italie, en Espagne et dans certaines parties de l'Europe de l'Est.
Pour de nombreux acheteurs, les HEV et les PHEV offrent encore une voie d'accès plus familière à la mobilité électrifiée. C'est pourquoi la transition européenne ne suivra probablement pas un schéma unique. Chaque pays s'oriente vers des véhicules à faibles émissions grâce à différentes combinaisons technologiques.
Une direction claire
L'analyste de marché Steffen Michulski a décrit le mois de juin comme la preuve que le centre de gravité de l'industrie automobile européenne bascule rapidement vers l'électrification.
Son analyse souligne également que ce processus reste à plusieurs vitesses : les VE dominent dans les marchés matures, tandis que les HEV et les PHEV jouent encore un rôle plus important ailleurs.
Cette distinction compte, mais la tendance de fond devient de plus en plus difficile à ignorer.
Avec des VE approchant les 26 % des immatriculations et une chute marquée des voitures thermiques, le marché européen des voitures neuves entre dans une nouvelle phase. Les marques qui gagnent du terrain sont celles qui allient volumes, prix compétitifs et flux régulier de nouveaux modèles électriques, tandis que l'espace disponible pour les motorisations thermiques conventionnelles ne cesse de se réduire.