La transition électrique
kone Abdul
kone Abdul
| 28-08-2026
Équipe de véhicule · Équipe de véhicule
Le marché automobile européen évolue plus rapidement que ne le suggèrent les simples chiffres de vente. Au premier semestre 2026, les véhicules 100 % électriques ont représenté 22 % de toutes les nouvelles immatriculations, soit une hausse de cinq points par rapport à la même période l’année précédente.
Parallèlement, les voitures traditionnelles à essence et diesel ont continué de perdre du terrain, tandis que le réseau de recharge s’est étendu et que plusieurs grands constructeurs ont augmenté la part de l’électrique dans leurs ventes. Il en résulte un marché en pleine transition, où la question principale n’est plus de savoir si l’électrification est en cours, mais plutôt à quelle vitesse les différents pays et constructeurs peuvent suivre le rythme.
La transition électrique

Les voitures électriques atteignent 22 %

Les immatriculations de véhicules 100 % électriques ont augmenté d’environ 35 % dans toute l’Europe entre janvier et juin 2026. Leur part de marché a atteint 22 % sur cette période de six mois et a grimpé à 24 % rien qu’en juin.
Les hybrides rechargeables ont également légèrement progressé, atteignant une part de 10 %. Les voitures à moteur thermique conventionnel ont suivi la tendance inverse. Leur part a diminué de huit points par rapport au premier semestre 2025, ne représentant plus que 30 % des nouvelles immatriculations.
Les technologies hybrides ont également continué de croître. Les hybrides légères ont atteint une part de 25 %, tandis que les hybrides intégrales sont montées à 14 %.
Le marché devient donc plus fragmenté, mais la tendance à long terme la plus nette reste le déclin constant des voitures fonctionnant uniquement avec un moteur thermique.

L'Allemagne et la France accélèrent

Les plus grands marchés nationaux européens deviennent de plus en plus importants pour la transition électrique. Les voitures 100 % électriques ont représenté 26 % des nouvelles immatriculations en Allemagne au premier semestre 2026, soit une augmentation de huit points par rapport à l’année précédente.
La France a atteint un niveau encore plus élevé de 28 %, en hausse de dix points. L’Italie et l’Espagne ont continué de prendre du retard, bien que les deux pays aient enregistré des améliorations. Les voitures électriques ont représenté 8 % des immatriculations en Italie et 10 % en Espagne.
Ce contraste montre à quel point la transition européenne reste inégale. Les marchés du Nord et de l’Ouest avancent beaucoup plus vite que plusieurs pays du Sud, reflétant des différences en matière d’incitations, de disponibilité des bornes de recharge, de fiscalité, de politiques concernant les voitures de fonction et de demande des consommateurs.

Les marchés nordiques en tête

La Norvège reste dans une catégorie à part. Les véhicules 100 % électriques y ont représenté 98 % des nouvelles immatriculations au premier semestre 2026.
Le Danemark suit avec une part de 80 %, tandis que la Finlande a atteint 49 %, l’Islande 43 % et la Suède 42 %.
Les Pays-Bas se situaient à 37 % et la Belgique à 36 %. Le Danemark a également enregistré la plus forte augmentation de la part de marché électrique parmi les grands marchés européens, gagnant 16 points en un an. Ces chiffres démontrent qu’une adoption élevée de l’électrique est possible lorsque l’infrastructure de recharge, la fiscalité et l’offre de véhicules évoluent conjointement.
Les marchés nordiques offrent de plus en plus un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler un marché automobile européen beaucoup plus électrifié à l’avenir.

Les constructeurs sous pression CO2

L’électrification n’est pas seulement motivée par la demande des consommateurs. Les constructeurs européens opèrent également sous des exigences de plus en plus strictes en matière d’émissions moyennes de CO2 de leur flotte. Les émissions moyennes des constructeurs se situaient autour de 94 g CO2/km au premier semestre 2026. Lorsque l’on considère la période de rapport plus large allant de janvier 2025 à juin 2026, les émissions ajustées étaient en moyenne d’environ 95 g CO2/km. Cela laissait les constructeurs collectivement à moins de 2 g CO2/km au-dessus de l’objectif moyen de 93 g CO2/km pour la période de conformité 2025–2027.
Les analystes de l’industrie notent que l’augmentation des ventes de véhicules 100 % électriques reste l’un des moyens les plus efficaces pour les constructeurs de réduire les émissions moyennes de leur flotte et d’éviter de futures pénalités. Certains groupes étaient déjà confortablement en avance sur leurs objectifs, tandis que d’autres restaient sous pression.

BMW en tête des grands constructeurs

Parmi les sept plus grands groupes automobiles européens, BMW a enregistré la part la plus élevée de véhicules 100 % électriques au premier semestre 2026, avec 28 %. Mercedes-Benz a augmenté sa part électrique de huit points par rapport à la même période en 2025. Hyundai, Renault et Toyota ont chacun gagné six points.
Le virage de Toyota a été particulièrement notable : sa part de véhicules 100 % électriques a plus que doublé, passant de 4 % à 10 %. Volkswagen, quant à lui, a augmenté la part des hybrides rechargeables dans ses immatriculations, mais son pool de constructeurs restait le plus éloigné de son objectif CO2 parmi les plus grands groupes.
Cela illustre comment différentes entreprises utilisent des stratégies variées pour relever le même défi réglementaire.

Le réseau de recharge continue de s'étendre

L’infrastructure publique de recharge en Europe est également en croissance. Environ 1,20 million de points de charge publics avaient été installés à la fin juin 2026, contre environ 1,04 million un an plus tôt.
Les points de charge en courant alternatif (AC) ont augmenté de 12 %, tandis que les chargeurs rapides en courant continu (DC) se sont développés beaucoup plus rapidement, avec une hausse de 29 %. La puissance moyenne des chargeurs publics s’est également considérablement améliorée. Elle a doublé, passant de 25 kW début 2021 à 51 kW en juin 2026.
La Belgique a enregistré une croissance particulièrement forte, avec une augmentation de 38 % des points de charge DC d’une année sur l’autre. L’Italie a suivi avec 37 %, tandis que le Danemark a progressé de 35 %. La Norvège a continué de leader en termes de puissance de charge, avec une puissance moyenne de sortie de 107 kW.

Une infrastructure encore inégale

Malgré cette expansion rapide, des différences majeures subsistent entre les pays.
Le Danemark comptait environ 47 points de charge publics standardisés pour mille voitures et utilitaires, suivi par la Norvège avec 41 et la Suède avec 32.
La Belgique a atteint 24.
L’Italie et l’Espagne, cependant, restaient bien en dessous de la moyenne européenne, avec seulement quatre points chacune.
Cet écart est important car l’adoption des véhicules et le développement des infrastructures se renforcent souvent mutuellement.
Là où la recharge est facile et visible, les acheteurs sont plus enclins à envisager des voitures électriques. Là où la couverture reste limitée, l’adoption peut ralentir, même si des véhicules adaptés sont disponibles.
La transition électrique

Un marché qui accélère

Le premier semestre 2026 montre que l’Europe s’engage plus profondément dans la transition électrique.
Les voitures 100 % électriques représentent désormais plus d’une nouvelle immatriculation sur cinq, l’infrastructure de recharge s’étend rapidement et les grands constructeurs augmentent leurs ventes électriques pour répondre à la fois à la demande du marché et aux objectifs d’émissions.
Le plus grand défi n’est plus simplement d’augmenter le nombre de véhicules électriques. L’Europe doit maintenant veiller à ce que les infrastructures, les politiques nationales et les stratégies des constructeurs se développent à des vitesses comparables. Les pays dépassant déjà 40 %, 50 % ou même 80 % de part de marché électrique montrent ce qui est possible, mais l’écart entre les leaders et les marchés plus lents reste vaste.